« Inégalités sociales et écocide : genèses, quantifications et articulations. Regards croisés »

Journée d'études : « Inégalités sociales et écocide : genèses, quantifications et articulations. Regards croisés »

Du 15 janv. 2026 au 16 janv. 2026

MSH Ange-Guépin, Nantes

Parler d’inégalités sociales face au désastre environnemental permet de faire immédiatement référence aux deux asymétries les plus documentées, celles relatives aux expositions et aux contributions à ces ravages, sans s’y restreindre. Dans la continuité de travaux pionniers (Boltanski, 1976 ; Bullard, 1990 ; Emelianoff,2008 ; Laurent, 2009 ; Deldrève, 2015 ; Chamboredon, 2019), plusieurs disparités ont ainsi été travaillées : usages inégalement contraints des espaces naturels valorisés, accès inégaux aux politiques écologiques (mobilisations et institutions), distribution sociale contrastée des efforts liés à ces politiques, inégalités d’accès au foncier et aux moyens de subsistance, valeur inégale des savoirs d’ordre écologique. La notion de condition écologique des classes sociales a été récemment proposée pour penser ensemble ces inégalités (collectif Classes vertes, 2024). Celles-ci se situent à l’intersection de plusieurs rapports sociaux de domination (de race, de genre, de classe, d’âge ou de lieu notamment). Étant, ici comme ailleurs, des différences hiérarchisées – par exemple des relations à la flore et à la faune différenciées et très variablement valorisées, donc valorisables, socialement (voir, pour une parution récente, Vitores, 2025 et les travaux mentionnés dans l’ouvrage) –, ces inégalités ont en commun d’être le résultat de la compétition que les groupes sociaux se livrent pour établir ces hiérarchies. Dès lors, les journées adresseront trois questionnements qui seront autant de fils rouges traversant les différentes sessions. Le premier porte sur les modalités de formation et de reproduction de ces inégalités qui tendent à être plus souvent constatées et établies qu’expliquées et analysées. Le deuxième discute des modes de quantification de ces asymétries. Le troisième interroge l’articulation et la politisation que peut susciter cette mise en relation de souffrances et de nuisances environnementales souvent saisies séparément.